Planète Facebook
Hier, aux Grands Reportages sur la chaîne RDI, il y avait le documentaire Planète Facebook (en rediffusion dimanche le 26 avril, 20 h). On y apprenait que le site compte déjà 150 millions de membres et qu’aucun gouvernement n’a jamais réussi à amasser autant de données personnelles sur des gens: leur allégeance politique, leur religion, leurs goûts, leurs fréquentations, des photos, etc.
Mais ce qui surprend vraiment, c’est à quel point certains membres sont tout simplement inconscients de la portée de ce qu’ils publient sur Facebook. De jeunes adolescentes françaises racontaient à la caméra, sans pudeur, que le chat de Facebook était le moyen le plus sûr d’informer leurs amis sur les « bons plans taz » (ou comment se procurer de l’ecstasy) puisque la communication était instantanée et personne ne pouvait l’intercepter… Une Anglaise s’est fait assassiner par son ex mari dès qu’elle avait changé son statut de « Mariée » à « Célibataire » sur Facebook… Un employé d’une firme américaine s’est fait congédier après qu’un collègue ait vu une photo de lui déguisé en fée à un party d’Halloween alors qu’il avait déclaré à son employeur être malade…
Les lois qui protègent la vie privée des Français, des Canadiens et autres ne valent rien: les serveurs sont aux États-Unis. Et aux États-Unis, les autorités ont accès à tout ce qu’ils veulent (à certaines conditions, mais sachez aux États-Unis il n’existe pas de politique uniforme sur la protection de la vie privée).
La divulgation de vos données sur Facebook à des tiers est-elle une menace hypothétique ou réelle? Des géants comme Bill Gates ont investi dans Facebook et cette dernière engendre des coûts d’opération énormes pour offrir au bout du compte un service gratuit. Le jour viendra où l’entreprise devra rentabiliser ses actifs et ce jour risque d’arriver assez tôt en période de crise économique, lorsque les revenus publicitaires sont décevants. Comment pensez-vous que le jeune fondateur Mark Zuckerberg s’y prendra pour rentabiliser un tel monstre?

