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Hugues Beaumont
29 mars 2010

Ce que Mad Men peut nous apprendre sur le Web social

La série télévisée américaine Mad Men est un vrai chef d’œuvre car elle nous fait réfléchir à plusieurs niveaux. Les scénaristes prennent un malin plaisir à faire ressortir avec éclat les nombreuses différences entre les sixties conservatrice et le libéralisme du 21e siècle. Ce qui m’a le plus frappé en regardant le quotidien de cette bande de publicistes des années 60 (à l’exception de la faible importance accordée à la fidélité), c’est l’analogie entre le changement de paradigme publicitaire à cette époque et celui que l’on vit en ce moment.

Dans les années 50, une bonne publicité consistait en une femme au foyer souriante frottant son comptoir, tandis qu’une voix hors-champ déclarait que le détergeant qu’elle utilise est le meilleur sur le marché. Les années soixante ont tout changé : il fallait dès lors faire preuve de ruse, de psychologie afin de faire passer de façon subliminale un message beaucoup plus fort et grossier; tellement qu’il aurait pu être qualifié de mensonger fut-il annoncé plus clairement. Imaginez toutes les activités auxquelles la mère de famille pourrait s’adonner une fois qu’elle utilisera un détergeant plus efficace ! Ou encore le nombre de femmes qui seront séduites par le prospère homme d’affaires qui fumera les bonnes cigarettes.

Cette ère du subliminal perdurera jusqu’à tout récemment. Pendant 50 ans, les publiciste ont profité de la naïveté des consommateurs pour leur faire avaler n’importe quoi (littéralement); tellement que le lien de confiance est maintenant brisé. Les consommateurs ont maintenant décidé que le meilleur moyen de découvrir quelle marque est la meilleure, c’est de consulter leurs pairs, la technologie rendant possible la consultation de masse. Avant d’acheter un nouvel aspirateur, le consommateur moderne visitera Epinions.com, lancera un appel à tous sur Twitter et bloguera sur son projet.

Mais comment le commerçant moderne doit-il composer avec cette nouvelle réalité ?

La pire réaction serait d’agir comme le ferait le commerçant de l’ère précédente : en manipulant la confiance de ses clients. Les exemples sont malheureusement trop nombreux : Bixi, Playstation Portable, et Walmart. Il est pourtant futile et très dangereux pour le commerçant d’essayer de diriger la conversation sur sa marque. Son action doit se situer plutôt à deux niveaux :

  • Multiplier sa présence sur les réseaux sociaux afin que les consommateurs aient plusieurs plateformes sur lesquelles promouvoir la marque
  • Participer aux discussions. Défendre son produit. Ajouter sa voix à celles de ses fans et détracteurs, mais NE PAS LES ENTERRER !

Le marketing Web est beaucoup plus complexe que ça… Mais je croyais intéressant de faire un petit retour en arrière et d’expliquer pourquoi certaines initiatives se sont avérées être des flops. Les pires résultats, on peut les observer chez les publicistes qui veulent utiliser les nouvelles techniques mais qui ne sont pas prêt à leur faire confiance. Les plus grands succès de pub des années 60 sont attribués aux marques qui ont osé faire confiance au nouveau paradigme; gageons que, dans 50 ans, on en arrivera à la même conclusion par rapport au Web social.

La première saison de Mad Men sera présentée en français à Télé-Québec à partir du 9 juin 2010.



Hugues Beaumont
20 avril 2009

Soirée-conférence du W3Québec webdiffusée ce soir !

C’est ce soir que se tiendra la soirée-conférence sur la portabilité des données organisée par le W3Québec au Laïka, à Montréal.

Pour les gens à l’extérieur de la région métropolitaine (ou ceux qui ne peuvent/veulent pas se déplacer), vous pourrez tout-de-même y assister grâce à la webdiffusion de l’événement, mise en oeuvre par Christian Aubry.

Au plaisir de vous y voir (ou de vous cyber-voir) !



Hugues Beaumont
9 avril 2009

Un iPod, c’est comme une femme parce que…

AVERTISSEMENT : Ce billet hors-sujet a été écrit pour des raisons humoristiques seulement et ne réflète en rien l’opinion de son auteur, qui a une vie conjugale des plus épanouies. COMPRIS ?!?!?!

  • Après un certain temps avec l’étui, on se risque à enlever la protection et c’est beaucoup plus jouissif !
  • Même si notre vieux modèle fonctionne encore très bien, on ne peut s’empêcher de regarder les plus récents et de baver…
  • Ils n’ont malheureusement pas fait de bouton « Mute »
  • Après 2 ans, les batteries ne fonctionnent plus, ou du moins ça dure moins longtemps chaque fois (Merci Pierre-Paul pour l’idée!)
  • (This one is for the ladies) Malgré les petits défauts, il est difficile d’imaginer notre vie sans… Après y avoir goûté, on ne peut plus s’en séparer !

    Si vous avez d’autres idées, ajoutez-les dans les commentaires !


Hugues Beaumont
18 mars 2009

Le Darwinisme à l’ère de l’informatique

Lorsqu’il a élaboré sa théorie de la sélection naturelle, Charles Darwin ne se doutait probablement pas que l’on y trouverait, plus de cent ans après sa mort, de nouvelles applications. Ça saute pourtant aux yeux : encore de nos jours, ce sont les organismes qui s’adaptent le mieux à leur environnement qui survivent. Cependant, il appert que tous les domaines ne l’ont pas compris et certains résistent encore aux changements de fond qui s’opèrent dans leur marché. À titre d’exemple, pensons au RIAA et au CRIA qui combattent encore le changement de paradigme au niveau de la musique. Ou encore aux informaticiens qui refusent toujours d’intégrer des logiciels libres dans leurs activités quotidiennes.

Un refus d’adaptation qui fait couler de plus en plus d’encre (réelle ET virtuelle) depuis quelques mois est celui des « médias traditionnels » (journaux, télévision, radio, …) face à ce que l’on appelle les « nouveaux médias » (blogues, Twitter, podcast, …). Les gros bonnets de chacun des deux camps se renvoient continuellement la balle, affirmant que l’autre  ne comprend pas ce que le lecteur veut réellement. Mais quand on critique, il faut également être prêt à applaudir les bons coups de nos « adversaires ». C’est pourquoi je tiens à mentionner l’excellente initiative de Cyberpresse, qui s’est créé cette semaine 3 comptes Twitter : un pour l’actualité, un pour le sport et un pour la technologie. Ayant décidé de suivre les deux derniers, je peux dire que c’est prometteur. Cet après-midi, Guy Carbonneau s’adressait aux médias à 14h pour la première fois depuis son congédiement. Au lieu de recevoir uniquement un message m’invitant à aller lire le compte-rendu sur le site de Cyberpresse, j’en reçois trois :

  • cybsports : Q à Carbo: «Sur une échelle de 1 à 10, combien as-tu été surpris?» Réponse: «12»36 minutes ago from web
  • cybsports : Carbo: «Je ne peux pas dire qu’il y avait des signes précurseurs de ce qui est arrivé»34 minutes ago from web
  • cybsports : Carbo à propos de son manque de communication avec ses joueurs: «Une communication, ça se fait à deux…»27 minutes ago from web

Pour ce qui est du fil techo, il m’a fait découvrir 2 articles fort intéressant, que j’aurais en temps normal sauté au profit de billets de blogues :

  • technaute : La crise est-elle favorable aux logiciels libres? http://tinyurl.com/ca9pp9 environ 4 heures ago from twitterfeed

Si (et je dis bien SI) La Presse persévère dans cette voie, et si elle va jusqu’au bout dans sa démarche en utilisant Twitter afin d’interagir avec les lecteurs (et pas seulement promouvoir ses articles… Après tout, qui veut d’un prof qui n’invite pas ses étudiants à poser des questions après un exposé magistral ?), alors La Presse survivra.



Hugues Beaumont
26 février 2009

Logiciel libre ou sur-mesure ?

Ce n’est pas nouveau en informatique, les flamewars et les engueulades ont toujours été le lot quotidien de l’informaticien. « Windows c’est de la merde! Linux FTW! », « Mac c’est ben mieux que PC » ou encore « IE sucks. Vive Firefox ! », ça vous dit quelque chose ?

Une controverse, un peu moins en spotlight celle-là, concerne le développement des sites et d’applications web: qu’est-ce qui est le plus intéressant pour un client, une application basée sur des logiciels GPL ou une application sur-mesure ?

Jusqu’à tout récemment, j’étais d’avis que l’option GPL menait invariablement à de la cochonnerie. Des sites trop compliqués et mal adapté au client, plein de trous de sécurité, difficilement extensible… De l’autre côté, les détracteurs du sur-mesure ont des arguments très défendables : coût de sortie plus élevé car absence de communauté pour maintenir le code, plein de trous de sécurité car pas autant testé…

Une discussion franche hier midi avec une personne influente du milieu que je respecte beaucoup m’a cependant fait adoucir ma position. Ma curiosité a été piquée et j’ai décidé d’installer les dernières versions de Drupal, WordPress et Magento afin de voir où ces projets en étaient rendu. Je dois dire que j’ai été très impressionné par les fonctionnalités offertes par ces logiciels, et je vois très bien comment ils pourraient constituer une solution avantageuse pour certains types de clients. Au lieu de partir sur de longues explications ici, je vous invite à lire cet excellent billet de Nicolas Roberge, qui résume parfaitement ma (nouvelle) vision sur la question. Je résumerais en disant simplement qu’il s’agit de déterminer ce qui est le plus rentable pour chaque client: que l’application Web s’adapte à ses processus internes, ou que ses processus internes s’adaptent à la solution informatique.

Vraiment, il y a de la place pour les deux types de solutions.