François Viens
11 janvier 2009

Les laissés pour contre de l’industrie!

Chaque année, les fervents défenseurs des bonnes pratiques  dans l’industrie du Web dénoncent les projets récompensés lors du concours des  Boomerang. Certains critiques pour des questions d’accessibilité numérique, d’autres  c’est le respect des normes et standards, d’autres pour des questions de SEO  et/ou de stratégie Web en général… Une chose est certaine, la façon la plus  simple de voir la situation, ce n’est pas que les gagnants ne méritent pas de  gagner, mais plutôt que ces fervents défenseurs des bonnes pratiques sont  simplement des laissés pour contre dans l’industrie. Pourquoi?

C’est assez simple à mon avis… la qualité, c’est quelque  chose qui se voit à long terme, le look et l’interactivité c’est ce qui forme la  première impression. Je fais partie des gens qui aimeraient bien voir les  productions Web respectant un maximum de bonnes pratiques gagner un prix à un  concours X. Est-ce que le respect des bonnes pratiques laisse suffisamment  d’interprétation à un jury pour définir un gagnant? Étant un sujet beaucoup  plus objectif que l’apparence, puisque les moyens de contrôle sont souvent  stricts, comment trouver un gagnant entre 2 projets… disons  « parfaits » ?

Pour ce qui est des moyens d’y arriver, il est possible de  s’allier à un concours déjà existant, en l’occurrence, les Octas seraient  probablement plus intéressés que les Boomerang. Il est également possible  d’organiser un tout nouveau concours ce qui, soyons honnêtes, représente un  travail colossal. Dans ce dernier cas, autant tenter d’en faire un concours  Web, qui se déroule sur le Web, ça manque un peu de chaleur humaine, mais c’est  une possibilité!

Une chose est certaine, il serait possible de trouver un moyen d’y  arriver… et nul besoin de champagne et limousine, du moins pour la première  édition! Pour y arriver, il faut par contre avoir le pouls de l’industrie… Je  ne suis pas l’industrie, nous sommes l’industrie! J’aimerais vous inviter à  donner votre avis en utilisant les commentaires sur ce billet. Vous pouvez  suivre les commentaires par RSS en cliquant sur l’icône orange à gauche sous la  date. Mes excuses pour le Captcha!

En terminant, je profite de l’occasion pour féliciter Sylvain Carle et son équipe pour le Boomerang avec The Praized Network ainsi que l’invitation de Michelle Blanc à l’événement.





6 Commentaires


11 janvier 2009 par Samuel Sirois

Récompenser les projets respectant les bonnes pratiques d'accessibilités, et du coup les bonnes pratiques d'intégration : il est temps de se mobiliser. Arrêtons d'être contre-productifs en critiquant les lauréats d'autres concours qui gagnent de façon légitime selon les règles choisies et soyons constructifs en récompensant ceux qui font de la qualité une priorité, voire même un cheval de bataille. Un concours moins subjectif et des projets « parfaits »? Je ne le crois pas. Il existe des règles graphiques de bases qui sont utilisées pour juger de la qualité esthétique d'un site Web, cela n'empêche pas de garder une grande place à l'impression globale du juge en rapport aux projets finalistes. Un concours se basant sur la qualité serait à mon avis tout aussi subjectif, et je n'y vois aucun problème. Des critères existent pour juger d'un bon vin, c'est le jugement subjectif de l'expérience globale qui sépare les bons vins des grands crus. J'irais même jusqu'à proposer un système de classement utilisé par des connaisseurs de vins et de cigares afin de juger des lauréats à l'excellence sur la qualité – je me suis inspiré de magazines comme Cigar Aficionado et Wine Spectator. Un système sur 100 points. Respect des standards HTML/XHTML/CSS (stricts il va sans dire) du W3C – 5 points Respect du standard WCAG 2.0 – 25 points Respect des bonnes pratiques SEO – 15 points Respect des bonnes pratiques d'ergonomie – 15 points Impression générale sur l'expérience de navigation (du point de vue de la qualité) – 40 points Total – 100 points Comme vous le voyez, l'impression subjective de l'expérience de navigation fera toute la différence afin de différencier les bons sites, des excellents – du point de vue de la qualité. Le W3Québec pourrait s'occuper d'organiser un tel concours/classement. À quand la première édition? ;)

12 janvier 2009 par Hugues Beaumont

Je vais dans le sens François et Samuel, il est primordial de récompenser d'une certaine manière les concepteurs de sites Web suivant les bonnes pratiques. Il ne faut cependant pas tomber dans le piège de donner des récompenses à des site "plates" ou "laids". Je m'explique : Dans le domaine du Web, la plupart des concepteurs ont tendance à créer des sites Jolis, Originaux, Optimisés -- pick two. Très rarement voyons-nous des sites à la fois agréables à l'oeil, intéressants et suivant les standards établis. Je crois que ce sont ces sites que l'on doit récompenser. @Samuel Sirois : Je suis d'accord avec un système de pointage tel que tu le propose. Je modifierais par contre la grille d'évaluation pour inclure plus d'éléments sur l'originalité et l'aspect esthétique (et non seulement ergonomique). Si on pouvait avoir 30 points pour le look, 30 points pour l'originalité et 40 points pour les standards, ça me semblerait juste. @François Viens : Je crois qu'il faudrait vraiment mettre de la pression pour que le W3Qc "sponsorise" une catégorie dans un concours populaire déjà existant. Les alternatives-maison peuvent facilement tourner au vinaigre (voir http://houblog.net/article/1789-j-adore-ce-type). Pourquoi avons-nous tendance à exclure d'emblée les Boomerang ? Je crois que si le W3Qc leur arrive avec un projet bien monté et clair, avec la grogne du milieu face au fort penchant flash du concours ( http://www.michelleblanc.com/2008/08/14/retour-boomerangs/ ), ils n'auront d'autre choix que d'accepter. Après tout, ce n'est qu'une catégorie...

12 janvier 2009 par Samuel Lavoie

Je préconise aussi de travailler avec les évènements déjà en place au Québec. Ces évènements mis en place par des passionnés du Web et du multimédia ont une grande visibilité dans plusieurs médias traditionnels ou non et ce n'est pas pour rien, ces évènements fonctionnent! Pour moi il y a vraiment de la marge pour une éducation à certains critères et pourquoi pas de les aider là dessus. Certains aspects du multimédia et du Web au Québec pourraient être mieux représentés dans ces évènements et je pense qu'ils peuvent être de bons vecteurs de changement. Pour moi des critères dans l'évaluation des sites comme l'ergonomie, le marketing avec une mesure de retour sur investissement, l'accessibilité et les standards. En plus des critères esthétiques et de "buzz" que l'ont connait déjà. C'est évident que des critères tels que la mesure de résultat et la qualité d'une présence Web pour le seo et marketing seront difficiles à impliquer les acteurs puisqu'une certaine nébulosité persiste face aux chiffres qui pourraient être mis de l'avant. Le problème d'un évènement à part sera la perte de visibilité et le "shining" qu'un évènement plus multimédia peut apporter. Bonne discussion!

13 janvier 2009 par François Viens

Bien que ce soit loin d'être parfait, la première étape pourrait être de définir un gagnant au niveau du respect des bonnes pratiques dans les finalistes des Boomerang... le bon côté c'est la sensibilisation indirecte... le mauvais côté, c'est que le prix prendrait l'allure d'un prix de consolation ;-) ... récompenser le moins pir du groupe... il ne faut pas se le cacher, les bonnes pratiques ce n'est pas le dada des gens en marketing interactif... c'est le WOW factor et ils le font très bien...

13 janvier 2009 par Pierre-Paul Lemyre

Parce que les organisateurs de concours doivent répondre aux besoins du public comme n'importe quelle entreprise de produits ou de services, il est normal que l'accent soit placé sur les fonctionalités plutôt que sur le respect des standards. Personnellement je préfère qu'un site utile mais mal fait remporte un prix à la place d'un site bien fait mais complètement inutile. Maintenant, le vrai défis est de réaliser des sites qui tiennent compte à la fois des besoins des utilisateurs et des principaux standards du Web. Réussir cela m'apparaît être la clef du succès, et je ne parle pas uniquement des concours...

13 janvier 2009 par Éric Paré

À mon avis, l'avenir du Web passe par l'agrégation et l'intégration des contenus. D'abord, rappelez vous des commentaires de webmestres déçus des résultats d'indexation d'engins de recherche sur les sites pourtant éblouissants d'applications Flash. Le contenu était simplement difficile à analyser et réutiliser. Pour un exemple plus simple, pensez aux fils RSS indispensables dans les blogues qui permettent d'échanger les contenus : un simple petit enjeu technique. Pensez à Google Maps réutilisé sur bon nombre de sites. Et pour bien lire la tendance, pensez à Praized qui s'appuie sur des sites déjà existants, intégré à Facebook, au iPhone et qui recueille les commentaires d'utilisateurs - sans oublier l'intégration d'Annonces Google. L'échange d'information est enjeu grandissant. L'information circule et ajoute un dynamisme inégalé jusque là. Des segments du marché jusqu'alors difficiles à atteindre s'ouvrent soudainement. À mon avis, c'est là que s'inscrit l'importance du respect des normes et standards. Ces derniers maximisent les possibilités de communication, d'échange et de réutilisation de l'information. Ils maximisent le potentiel commercial et donc, le retour sur investissement. Le respect des standards a une valeur commerciale. En l'occurrence, il faut en faire valoir le potentiel, que ce soit par l'ajout ou l'ajustement de critères d'évaluation dans un concours existant, par une mention spéciale indépendante dans un concours existant ou par la création d'un concours sur mesure.